Suivi ophtalmologique : à quelle fréquence consulter quand on porte des lunettes ?

Porter des lunettes de vue, c’est aussi apprendre à gérer les petits inconforts du quotidien : traces de doigts sur les verres, branches qui desserrent, nez qui glisse. Mais avant d’en arriver là, se pose une question que beaucoup d’adultes ignorent ou reportent : à quelle fréquence faut-il vraiment consulter un ophtalmologiste quand on porte des lunettes ?

Tous les combien doit-on consulter un ophtalmologiste quand on porte des lunettes ?

La réponse dépend de votre âge, de votre pathologie visuelle et de la stabilité de votre correction. Pour un adulte myope dont la vue n’évolue plus, une visite tous les deux à trois ans est généralement suffisante. En revanche, un enfant myope — dont la vue peut progresser rapidement — devrait être suivi annuellement, voire plus souvent si la myopie s’aggrave.

À partir de 40 ans, la presbytie commence souvent à se manifester et la fréquence des consultations augmente naturellement. Les patients diabétiques, hypertendus ou ayant des antécédents familiaux de glaucome ou de DMLA doivent quant à eux être suivis de près, indépendamment de leur correction. Le Syndicat National des Ophtalmologistes de France (SNOF) recommande un bilan ophtalmologique complet avant l’entrée au CP puis au collège pour tous les enfants.

En dehors des rendez-vous programmés, certains signaux doivent conduire à consulter rapidement : une baisse soudaine de la vision, des halos autour des lumières, des « mouches volantes » nouvelles ou en augmentation, ou encore des douleurs oculaires. Ces symptômes peuvent indiquer des pathologies qui nécessitent une prise en charge rapide.

Myopie, presbytie, glaucome : les pathologies qui nécessitent un suivi régulier

La myopie touche environ 40 % de la population française adulte selon le baromètre Ipsos réalisé pour l’Institut d’Éducation Médicale et de Prévention. Chez l’enfant, elle peut progresser rapidement — parfois de 0,5 à 1 dioptrie par an — ce qui justifie un suivi rapproché. Des solutions existent pour ralentir cette progression : lentilles ortho-k, verres Stellest (Essilor) ou Miyosmart (Hoya), ou atropine en collyre à faible dose.

La presbytie, elle, touche quasiment tout le monde à partir de 45 ans : le cristallin perd progressivement en souplesse et la mise au point sur les objets proches devient difficile. La correction doit être ajustée tous les deux à trois ans environ, selon l’évolution.

Le glaucome, souvent asymptomatique à ses débuts, touche environ 800 000 Français selon la Société Française du Glaucome. Il est détectable uniquement lors d’un examen ophtalmologique incluant la mesure de la pression intraoculaire. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles un suivi régulier reste indispensable, même quand on voit bien avec ses lunettes.

Comment bien choisir ses lunettes de vue ?

Peut-on renouveler son ordonnance sans consulter un ophtalmologiste ?

Depuis un décret de 2007, les opticiens peuvent adapter la correction d’une ordonnance dans le cadre d’un renouvellement, à condition que l’ordonnance date de moins de trois ans et ne comporte pas de mention contraire. Cette disposition a été élargie : depuis 2020, les orthoptistes peuvent également réaliser des bilans visuels et rédiger des prescriptions de lunettes pour les adultes entre 16 et 50 ans, sous certaines conditions.

Cette évolution vise à compenser la pénurie d’ophtalmologistes en France : le pays compte environ 9 ophtalmologistes pour 100 000 habitants selon les données du ministère de la Santé, avec de fortes disparités territoriales. Dans certaines zones, les délais d’attente pour un rendez-vous dépassent plusieurs mois.

Pour autant, le renouvellement par l’opticien ou l’orthoptiste ne remplace pas l’examen complet réalisé par un ophtalmologue. Ce dernier est le seul à pouvoir diagnostiquer des pathologies oculaires silencieuses comme le glaucome, la rétinopathie diabétique ou la DMLA. Un bilan complet reste donc indispensable à intervalles réguliers, même si l’ordonnance peut être mise à jour entre deux consultations.

Cet article a pour objectif d’informer sur le suivi ophtalmologique. Il ne constitue pas un avis médical. En cas de symptômes visuels inhabituels ou de doute sur l’évolution de votre vue, consultez un ophtalmologiste dans les meilleurs délais.

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