chirurgienne dentiste

Pénurie de soignants : pourquoi les études de santé en Europe sont une vraie réponse

Un rendez-vous chez l’ophtalmo dans deux mois. Un médecin traitant qui refuse les nouveaux patients. Un kiné introuvable après un accident. La pénurie de soignants n’est plus un problème de campagne reculée : elle s’installe partout en France, y compris dans les grandes villes. Pendant que les pouvoirs publics cherchent des leviers, des milliers de jeunes Français choisissent une autre voie : se former aux métiers de la santé dans des universités européennes pour revenir exercer ici. Une réponse concrète, légalement encadrée, et qui contribue déjà à combler les manques.

Combien de Français manquent vraiment d’un soignant en 2025 ?

Les chiffres officiels sont sans détour. Selon le gouvernement, six millions de Français n’avaient pas de médecin traitant en 2024, et 87 % du territoire national était classé en désert médical. Ce ne sont plus seulement des hameaux isolés qui sont touchés : les villes moyennes, les couronnes périurbaines et même Paris voient des cabinets fermer sans repreneur. C’est dans ce contexte que des structures comme geds.fr accompagnent depuis 2014 les étudiants francophones vers des cursus européens de santé, pour former une nouvelle génération de soignants qui revient ensuite exercer en France. Côté spécialistes, ce n’est pas mieux.

L’enquête de la DREES sur les délais d’attente a établi que la moitié des rendez-vous chez un ophtalmologiste s’obtiennent en plus de 52 jours, contre seulement 2 jours chez un généraliste. Pour un dermatologue ou un cardiologue, l’attente dépasse fréquemment plusieurs semaines selon le département. Côté chirurgiens-dentistes et kinésithérapeutes, la tension est moins médiatisée mais bien réelle. Au 1er janvier 2025, la France comptait 47 600 chirurgiens-dentistes en activité d’après la DREES, un effectif insuffisant face au vieillissement de la population et à l’essor des soins esthétiques dentaires.

Ce que dit la démographie médicale française aujourd’hui

La DREES a publié au printemps 2025 ses dernières données : 237 200 médecins sont en exercice en France au 1er janvier 2025, soit une hausse de 9,9 % depuis 2012. Sur le papier, la situation s’améliore. Dans la pratique, cette progression est plus lente que celle de la demande, portée par le vieillissement de la population et l’allongement des parcours de soins.  Un autre chiffre est passé presque inaperçu et il est pourtant central pour notre sujet : 11 % des médecins en activité en France en 2025 ont obtenu leur diplôme à l’étranger, contre 7 % en 2012.

Autrement dit, sans cet apport, la croissance des effectifs serait quasi nulle. Les médecins formés en Europe contribuent déjà directement à soigner les patients français. La répartition par filière révèle où le bât blesse : 100 000 généralistes pour 137 200 spécialistes. Or c’est le généraliste qui assure le premier accès aux soins et signe les ordonnances de longue durée. La crise du médecin traitant est d’abord une crise de la médecine de proximité.*

Se former en médecine, dentaire, kiné ou vétérinaire ailleurs en Europe

En France, le passage par le PASS ou la LAS reste un goulot d’étranglement bien connu : seuls quelques milliers d’étudiants accèdent chaque année à la deuxième année de médecine, dentaire, pharmacie ou maïeutique. Pendant ce temps, plusieurs pays européens forment chaque année des cohortes importantes dans ces mêmes filières, avec des cursus reconnus dans toute l’Union européenne. Les quatre filières les plus prisées par les étudiants français qui partent sont la médecine générale, la chirurgie dentaire, la médecine vétérinaire et la kinésithérapie. Voici ce que prévoit la réglementation européenne pour chacune :

  • Médecine : 6 ans minimum d’études, soit 5 500 heures de formation théorique et clinique selon la directive 2005/36/CE, avec reconnaissance automatique du diplôme entre États membres.
  • Chirurgie dentaire : 5 ans d’études et 5 000 heures de formation, également couvertes par la reconnaissance automatique.
  • Médecine vétérinaire : 5 ans d’études dans un établissement reconnu, avec une harmonisation européenne ancienne.
  • Kinésithérapie : généralement 4 ans, sous régime de reconnaissance générale (et non automatique), avec une procédure d’équivalence à passer au retour.

Plusieurs pays se sont spécialisés dans l’accueil d’étudiants francophones, notamment l’Espagne, la Roumanie, le Portugal, la Croatie ou la Belgique. Certaines universités proposent un enseignement en français pour les premières années, puis basculent sur la langue locale ou l’anglais. Les frais varient fortement selon les établissements, ce qui mérite une comparaison sérieuse avant de s’engager.

Quel cadre légal pour exercer en France après un diplôme européen ?

La règle est claire et c’est ce qui rend l’option européenne crédible. La directive 2005/36/CE, transposée en droit français, prévoit une reconnaissance automatique des diplômes de médecin, chirurgien-dentiste, pharmacien, sage-femme et vétérinaire entre les États membres de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et la Suisse. Un diplôme de médecine obtenu dans une université espagnole accréditée vaut donc en France au même titre qu’un diplôme français. Concrètement, le titulaire d’un diplôme européen conforme doit s’inscrire à l’ordre professionnel français (Ordre des médecins, Ordre des chirurgiens-dentistes, etc.).

Le conseil départemental vérifie la conformité du diplôme et la maîtrise du français. Une fois inscrit, le professionnel peut exercer en libéral, en hôpital ou en structure de soins comme n’importe quel autre praticien français. Pour les kinésithérapeutes, la procédure est un peu plus longue car la profession relève du régime général de reconnaissance et non du régime automatique. Une analyse du dossier est faite par les autorités françaises, qui peuvent demander une mesure de compensation si la formation reçue présente des différences substantielles.

GEDS et Hippocrate.io : un accompagnement pour les candidatures

S’engager dans des études à l’étranger soulève des questions concrètes : quelle université choisir, comment monter son dossier, quel coût prévoir. C’est ici qu’intervient GEDS, fondé en 2014, qui accompagne gratuitement les étudiants francophones dans leurs candidatures auprès d’universités européennes accréditées en médecine, chirurgie dentaire, vétérinaire, kinésithérapie et pharmacie. Le service repose sur un principe simple : les frais sont pris en charge par les universités partenaires, l’étudiant ne paie rien pour être conseillé. GEDS ne se substitue pas aux universités et ne garantit aucune admission : son rôle est d’aider à constituer un dossier solide et d’éviter les erreurs administratives qui font perdre du temps.

Pour fluidifier les démarches, GEDS utilise Hippocrate.io, une plateforme numérique qui centralise les candidatures. Un même dossier permet de postuler à plusieurs universités partenaires, qui évaluent ensuite les profils et invitent les candidats retenus à un entretien. Si l’on compare GEDS à un maçon, Hippocrate.io en est l’outil de travail : l’expertise humaine reste la pièce maîtresse, la plateforme servant à exécuter efficacement les candidatures.

Former plus de soignants en Europe, c’est aussi soigner mieux en France

Le lien entre formation en Europe et démographie médicale française n’a rien d’anecdotique. Les diplômés européens qui rentrent exercer en France s’installent souvent dans des zones sous-dotées, où l’arrivée d’un nouveau praticien fait une différence immédiate pour les patients. Le plan gouvernemental annoncé en avril 2025 dans le Cantal cite d’ailleurs la diversification de l’origine des étudiants en santé comme l’une de ses orientations. Cette voie ne remplace pas la formation française, qui reste la principale source de soignants. Mais elle constitue un appoint précieux, encadré par le droit européen et de plus en plus structuré.

Pour un lycéen passionné par les métiers du soin et freiné par le filtre du PASS, c’est une option à étudier sérieusement plutôt qu’à reléguer. Les informations partagées dans cet article ne remplacent pas l’avis d’un professionnel d’orientation ni celui d’un médecin pour toute question de santé personnelle. En cas de symptôme persistant ou de doute sur votre état de santé, prenez contact rapidement avec un médecin ou un pharmacien : la pénurie d’accès ne doit pas conduire à différer une consultation lorsque c’est nécessaire.

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