L’audition s’altère, c’est un fait. Mais sommes-nous tous égaux face à cette dégradation ? Certains perdent l’ouïe à 50 ans quand d’autres entendent parfaitement à 80. Comprendre à quel moment notre système auditif commence à flancher, et surtout pourquoi il faut réagir vite, change tout pour préserver son autonomie et sa santé cognitive.
Dès la naissance ou l’enfance : des situations à surveiller
Un à deux nouveau-nés sur 1 000 naissent avec une perte auditive. Les infections à cytomégalovirus ou certaines anomalies génétiques figurent parmi les causes principales. À l’entrée à l’école, 3 à 4 % des enfants présentent une baisse auditive légère.
Les adolescents ne sont pas épargnés. Plus d’un sur 10 souffre d’un début de perte auditive, principalement à cause des traumatismes sonores liés à l’écoute prolongée de musique via des écouteurs.
L’âge adulte : quand la presbyacousie s’installe
Les facultés auditives commencent à décliner dès 18-20 ans, mais ce phénomène reste imperceptible pour la plupart. La presbyacousie devient gênante à partir de 50 ans. Entre 60 et 70 ans, elle touche environ 40 % des personnes, puis plus de 50 % des plus de 80 ans selon la DREES.
La perte progresse avec l’âge : 0,5 décibel par an en moyenne dès 65 ans, un décibel par an à partir de 75 ans, et deux décibels par an passé 85 ans. Les hommes sont affectés plus tôt que les femmes, qui développent généralement cette baisse après 70 ans.
Le lien crucial entre audition et mémoire
L’audition et la cognition sont intimement liées. Une baisse auditive de seulement 25 décibels équivaut à un vieillissement cognitif accéléré de près de 7 ans. Les personnes avec une perte auditive présentent une dégénérescence cognitive de 30 à 40 % supérieure à celles qui entendent normalement. C’est pourquoi agir tôt en cas de perte auditive représente un véritable levier pour protéger son autonomie.
Le cerveau, pour compenser le manque d’informations sonores, sollicite en permanence ses ressources cognitives. Cette surcharge épuise les capacités disponibles pour d’autres tâches comme la mémoire ou la concentration. À partir de 75 ans, le risque de développer la maladie d’Alzheimer est multiplié par 2,5 chez les personnes malentendantes non appareillées.
Le dépistage précoce : un réflexe santé essentiel
La perte auditive favorise l’isolement social et accélère le déclin cognitif. L’appareillage précoce change la donne : les personnes équipées dès les premiers signes maintiennent un niveau cognitif comparable à celles sans troubles auditifs. Un bilan auditif régulier détecte les signes :
- difficultés dans le bruit,
- besoin d’augmenter le volume de la télévision,
- fatigue après les conversations.
Consulter rapidement dès ces symptômes préserve l’audition et la santé globale. Si vous constatez une baisse de votre audition ou des symptômes persistants, consultez rapidement un professionnel de santé. Seul un examen médical permet d’établir un diagnostic précis et d’envisager une prise en charge adaptée.


