Détartrage dentaire : à quelle fréquence et pourquoi c’est indispensable ?

Le détartrage fait partie de ces soins que beaucoup reportent — souvent parce qu’ils ne voient pas de problème visible, parfois par crainte de l’appréhension ou du coût, et parfois simplement par manque de temps. Pourtant, son rôle dans la prévention des maladies parodontales — et par extension de certaines maladies systémiques — est solidement documenté. Un rendez-vous de détartrage chez un chirurgien-dentiste ou un hygiéniste dentaire prend 30 à 45 minutes. Ce que peut coûter de ne pas le faire est autrement plus lourd.

Qu’est-ce que le tartre et pourquoi se forme-t-il ?

Le tartre est de la plaque dentaire minéralisée. La plaque dentaire est un biofilm bactérien qui se forme en permanence sur les dents, même chez les personnes qui se brossent scrupuleusement trois fois par jour. Quand elle n’est pas totalement éliminée par le brossage, elle se calcifie progressivement au contact des minéraux de la salive pour former le tartre — une dépôt dur, jaunâtre ou brunâtre, qui ne peut plus être éliminé par simple brossage. Ce processus de calcification débute en 24 à 48 heures et produit du tartre visible en 2 à 3 semaines.

Le tartre se dépose prioritairement dans les zones difficiles d’accès : derrière les incisives inférieures, dans les espaces interdentaires, sous la gencive. C’est précisément dans ces zones cachées que les bactéries qu’il abrite continuent à produire des toxines qui irritent et enflamment le tissu gingival.

Les conséquences du tartre non traité

La gingivite — inflammation des gencives, qui saignent au brossage — est le premier stade d’une évolution qui peut conduire à la parodontite si elle n’est pas traitée. La parodontite est une infection chronique qui détruit progressivement l’os et les tissus qui soutiennent les dents. Selon l’OMS, les maladies parodontales sévères touchent environ 19 % de la population adulte mondiale, soit plus d’1 milliard de personnes. En France, plus de 50 % des adultes présenteraient une forme de gingivite chronique, souvent silencieuse.

Les liens entre parodontite et maladies systémiques sont documentés depuis plusieurs années : un lien associatif (non causal prouvé) a été établi avec les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2 et les complications de la grossesse. Si la relation exacte est encore débattue scientifiquement, la santé bucco-dentaire est aujourd’hui reconnue comme un indicateur de santé générale.

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À quelle fréquence se faire détartrer ?

La fréquence recommandée varie selon les individus, leur hygiène bucco-dentaire et leur susceptibilité individuelle à la formation de tartre. En règle générale :

  • Une fois par an pour les personnes ayant une bonne hygiène dentaire et peu de tartre
  • Deux fois par an pour les personnes formant du tartre rapidement, les fumeurs, les diabétiques ou les personnes avec des antécédents de problèmes gingivaux
  • Tous les 3 à 4 mois dans les cas de parodontite traitée, en phase de maintenance

Le détartrage fait-il mal ?

Le détartrage peut être inconfortable, surtout sur les gencives enflammées ou quand le tartre sous-gingival est important. Une anesthésie locale peut être proposée dans les cas sévères. Mais plus le détartrage est régulier, moins il y a de tartre accumulé, et moins il est inconfortable. La douleur ressentie est souvent proportionnelle au temps écoulé depuis le dernier soin.

En cas de saignements gingivaux récurrents, de mobilité dentaire, de douleurs à la gestion ou de mauvaise haleine persistante, consultez un chirurgien-dentiste sans attendre. Ces signes peuvent indiquer une parodontite qui nécessite un traitement spécifique au-delà du simple détartrage.

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