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Médecins diplômés à l’étranger : un soignant sur neuf en France

Quand on entre dans un cabinet médical à Reims, à Argenteuil ou à Limoges, on a une chance sur neuf de tomber sur un praticien dont le diplôme n’a pas été délivré par une faculté française. Le chiffre est officiel, il monte chaque année, et il raconte une transformation discrète mais structurante du système de santé français. Voici ce que disent vraiment les données et comment cette ouverture s’organise.

Quelle part des médecins en France ont été formés à l’étranger ?

Les données de la DREES, publiées en juillet 2025, sont sans équivoque : 11 % des médecins en activité au 1er janvier 2025 ont obtenu leur diplôme à l’étranger, contre seulement 7 % en 2012. La progression est régulière et soutenue, sur fond de hausse globale du nombre total de médecins en France (237 200 praticiens).

Cet apport extérieur explique en partie pourquoi les effectifs continuent d’augmenter alors que beaucoup de partants à la retraite ne sont pas remplacés par les promotions sortant des facultés françaises. Sans les diplômés étrangers, la croissance des effectifs serait pratiquement nulle ces dernières années. La majorité de ces médecins viennent d’autres pays européens, où ils ont obtenu un diplôme reconnu automatiquement en France grâce au droit communautaire. D’autres arrivent de pays tiers et passent par une procédure d’autorisation d’exercice plus complexe, encadrée par les autorités sanitaires françaises.

Diplômes européens : un parcours encadré par la directive 2005/36/CE

Le socle juridique tient en un texte : la directive européenne 2005/36/CE, adoptée en 2005 et modifiée en 2013. Elle organise la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles entre les États membres de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et la Suisse.

Pour cinq professions de santé (médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, sages-femmes, vétérinaires), la reconnaissance est automatique. Cela signifie qu’un diplôme délivré par une université accréditée dans un État membre est admis sans examen supplémentaire dans tous les autres États membres. Les exigences minimales de formation sont harmonisées : 6 ans pour la médecine, 5 ans pour la chirurgie dentaire et la médecine vétérinaire.

Pour les kinésithérapeutes et certaines autres professions, c’est le régime général qui s’applique. La reconnaissance n’est pas automatique : l’État d’accueil compare la formation reçue à ses propres standards et peut demander un complément de formation ou un stage si les contenus diffèrent substantiellement.

Comment s’inscrire à un ordre professionnel français avec un diplôme européen ?

La procédure est plus simple qu’on ne le croit, mais elle ne s’improvise pas. Le titulaire d’un diplôme européen conforme doit déposer un dossier auprès du conseil départemental de l’ordre professionnel concerné (Ordre des médecins, des chirurgiens-dentistes, des pharmaciens, des sages-femmes ou des vétérinaires).

Les étapes principales d’une inscription se présentent ainsi :

  • Constitution d’un dossier comprenant le diplôme, son attestation de conformité européenne et les pièces d’identité.
  • Vérification de l’authenticité du diplôme et du droit d’exercer dans le pays d’origine.
  • Contrôle de la maîtrise du français, exigible pour exercer en sécurité.
  • Décision du conseil départemental, qui prononce l’inscription au tableau de l’ordre.

Une fois inscrit, le professionnel peut exercer en libéral, en hôpital ou en structure de soins exactement comme un titulaire de diplôme français. Il bénéficie des mêmes droits, est soumis aux mêmes obligations déontologiques et peut conventionner avec l’Assurance maladie selon les règles habituelles.

Pénurie de soignants : pourquoi les études de santé en Europe sont une vraie réponse

Quelles spécialités sont les plus représentées chez les diplômés étrangers ?

La DREES n’a pas publié de répartition fine par spécialité dans son rapport de juillet 2025, mais les observations de terrain et les bilans des ordres professionnels convergent. La médecine générale capte une part importante des installations de diplômés européens, notamment dans les zones sous-dotées où les besoins sont aigus.

Les chirurgiens-dentistes diplômés en Espagne, en Roumanie ou au Portugal sont également de plus en plus visibles dans les cabinets français. Cette filière a connu un essor rapide ces dix dernières années, en lien avec la difficulté d’accès aux études dentaires en France via le PASS et la LAS.

Cette diversification est désormais reconnue dans les politiques publiques. Le plan gouvernemental d’avril 2025 sur les déserts médicaux mentionne d’ailleurs la diversification de l’origine sociale et géographique des étudiants en santé comme l’un de ses leviers, signe que la voie européenne fait partie des solutions discutées au plus haut niveau.

Les informations contenues dans cet article concernent l’organisation des professions de santé et ne constituent pas un conseil médical. Pour toute question relative à votre santé, ou si vous éprouvez des difficultés à trouver un soignant disponible, n’hésitez pas à contacter la plateforme d’accompagnement de votre département ou le 116 117 en cas de besoin de soins non programmés en dehors des horaires de cabinet.

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