Perte de cheveux après l’accouchement : pourquoi ça arrive et comment agir

Vous perdez des poignées de cheveux dans la douche depuis quelques semaines ? Rassurez-vous : la perte de cheveux après l’accouchement, aussi appelée effluvium télogène ou perte de cheveux post-partum, est un phénomène naturel et temporaire qui touche de nombreuses jeunes mamans, le plus souvent entre le 2ᵉ et le 4ᵉ mois après la naissance [1][2]. Elle s’explique par la chute rapide des hormones de grossesse et se résorbe en général spontanément en quelques mois [1]. On vous explique pourquoi elle survient, combien de temps elle dure, et comment choisir un complément alimentaire pertinent, en comparant les formules disponibles sur le marché.

La perte de cheveux après l’accouchement, un phénomène normal (et non une fatalité)

Le cycle de vie du cheveu se déroule en 3 phases [1] : anagène (croissance, 2 à 6 ans), catagène (repos, 2 à 3 semaines) et télogène (préparation à la chute, environ 3 mois). En temps normal, environ 15 % des cheveux sont en phase télogène. Pendant la grossesse, les œstrogènes retardent ce cycle : seulement 10 % des cheveux y sont au 2ᵉ et 3ᵉ trimestre, d’où une chevelure souvent plus dense [1].

Après l’accouchement, les taux hormonaux chutent brutalement et l’ensemble des follicules « rattrapent » leur cycle en même temps : la proportion de cheveux en phase télogène grimpe jusqu’à environ 30 % en moyenne, aux alentours de 9 semaines post-partum [1]. C’est ce rattrapage synchronisé qui donne cette impression de chute massive, alors qu’il s’agit surtout de cheveux qui auraient dû tomber progressivement pendant la grossesse [1][2]. Les estimations de femmes concernées varient selon les études (40 % à plus de la moitié des jeunes mamans) [2][5], mais le timing reste constant : apparition entre le 2ᵉ et le 4ᵉ mois, durée de 6 à 24 semaines, persistance rare au-delà [1].

Pourquoi perd-on ses cheveux après l’accouchement ? Les causes hormonales

Pendant la grossesse, on observe une augmentation progressive avec 9 fois plus de progestérone et 8 fois plus d’œstrogènes. Une fois le placenta expulsé, ces taux reviennent à la normale en seulement 2 à 4 jours, tandis que la prolactine, multipliée par 20 à l’accouchement, redescend progressivement. Ce sont ces variations brutales qui expliqueraient en grande partie la chute [2]. Un dérèglement thyroïdien [3] ou le stress de l’accouchement [4] peuvent également jouer un rôle, ce qui explique que le phénomène soit plus marqué lors d’un premier accouchement.

Combien de temps dure la perte de cheveux après l’accouchement ?

La chute apparaît généralement entre le 2ᵉ et le 4ᵉ mois après l’accouchement et dure 6 à 24 semaines ; elle persiste rarement au-delà [1]. Chez certaines mamans qui allaitent, elle pourrait se prolonger légèrement, sans que ce soit systématique. Si elle vous semble anormalement intense ou dure plus d’un an, un avis médical permet d’écarter une carence en fer [7][8], un problème thyroïdien [3] ou un manque de vitamine D.

Existe-t-il un traitement miracle contre la perte de cheveux après l’accouchement ?

Les traitements étudiés (supplémentation thyroïdienne, lotions à la progestérone/estradiol, contraceptif oral) n’ont pas montré une efficacité suffisante pour être recommandés contre le phénomène hormonal lui-même [5]. Dans la majorité des cas, aucun traitement n’est nécessaire : les cheveux tombent parce que d’autres repoussent en dessous, la chute étant donc un signe que le cycle reprend son cours normal [2]. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire : une bonne nutrition peut soutenir la qualité et la repousse de la fibre capillaire pendant cette période de fragilité.

Quels ingrédients naturels sont parfois utilisés contre la chute de cheveux ?

Prêle et bambou (pour leur teneur en silice) [17], ortie ou ginseng (pour leur action sur la prolifération des cellules du follicule pileux) [18], ou encore l’ail, dont une étude contrôlée a montré qu’il augmentait significativement la pousse par rapport à un placebo [19], sont traditionnellement associés à la santé capillaire.

Le point de vigilance est double. D’une part, l’efficacité de la plupart de ces plantes repose surtout sur des études in vitro ou animales, rarement sur des essais cliniques chez la femme. D’autre part, plusieurs d’entre elles (l’ortie et le bambou en particulier) sont déconseillées pendant la grossesse en raison d’un potentiel effet hormonal ou emménagogue, et les données de sécurité en allaitement restent souvent insuffisantes, un point essentiel à vérifier avant de choisir un complément en post-partum.

Le rôle de la kératine : l’actif le plus documenté scientifiquement sur ce sujet

Le cheveu est composé de kératine à plus de 90 % [9]. Logiquement, plusieurs formules du marché misent sur cet actif, mais très peu ont été testées cliniquement à la dose réellement présente dans le produit fini.

Un essai clinique randomisé, en double aveugle, contre placebo, a évalué l’effet d’un hydrolysat de kératine soluble spécifique, la Cynatine® HNS, chez les femmes : 500 mg de kératine par jour contre placebo, pendant 90 jours [21]. Résultat : réduction statistiquement significative de la chute (test de traction) dès 30 jours, renforcée à 60 et 90 jours, avec amélioration de la force et de la brillance du cheveu [21]. C’est l’un des rares actifs « cheveux » à disposer d’une étude clinique menée spécifiquement chez la femme, à la dose du produit fini.

Un extrait de fruit de pommier (Malus pumila Miller, cultivar Annurca) a par ailleurs montré, dans un essai clinique randomisé, sa capacité à renforcer l’expression de kératine et à favoriser la pousse du cheveu [22] ; il est parfois associé à la kératine dans certaines formules.

Comparatif : quel complément alimentaire choisir contre la perte de cheveux après l’accouchement ?

Le marché des compléments « cheveux » est large, mais les formules ne se valent pas toutes. Pour ce comparatif, nous avons retenu 3 critères déterminants : la présence d’un actif réellement dosé et documenté par une étude clinique, la compatibilité avec la grossesse et l’allaitement (une majorité de femmes concernées allaitent encore), et la transparence de la formule.

Marque / Produit Actif(s) clé(s) Étude clinique sur le produit Grossesse Allaitement Format / prix indicatif
Jolly Mama : Hair Essentials / Mama Hair Kératine brevetée Cynatine® HNS (500 mg/j) + biotine (Mama Hair : + extrait de pommier) Oui, essai randomisé en double aveugle contre placebo, à la dose du produit Compatible Compatible Gélules (cure 1 mois) ou pipette liquide (cure 15 jours), entre 30 et 35 €
Boome : Baby Hair Roquette, L-arginine, açaï, zinc, biotine Non, pas d’étude clinique publiée sur les actifs Selon la marque Selon la marque Gélules, 36 €
Talm : Mega Hair Levure de bière, ortie, biotine, zinc Non, pas d’étude clinique publiée sur les actifs Non recommandé (ortie) Non documenté Gélules, 28 €
Hollis : Post-Partum Fer bisglycinate, magnésium bisglycinate, vitamines B, acides aminés Non, pas d’étude clinique publiée sur les actifs Selon la marque Selon la marque Gélules, 30.9 €
Joone : Complément cheveux Biotine, zinc, ortie, myrtille Non, pas d’étude clinique publiée sur les actifs Déconseillé (ortie) Non documenté Gélules, 22.9 €

 

Hair Essentials et Mama Hair de Jolly Mama se distinguent sur ce comparatif : ce sont les seules formules à s’appuyer sur un actif, la kératine Cynatine® HNS, évalué par un essai clinique à la dose exacte du produit (500 mg/jour) [21], quand la plupart des autres combinent des plantes (ortie, roquette) sans étude clinique dédiée. Autre différence : plusieurs concurrents (Talm, Joone) contiennent de l’ortie, déconseillée en grossesse et peu documentée en allaitement, quand les formules Jolly Mama sont conçues pour être prises pendant la grossesse et l’allaitement. Par transparence : la kératine Cynatine® HNS, issue de laine de mouton (tonte uniquement, pas d’abattage), n’est pas vegan, une alternative 100 % végétale pouvant convenir à certains profils, sans étude clinique dédiée en contrepartie.

Comment bien choisir sa cure cheveux post-partum ?

Le choix dépend surtout de votre priorité :

  • Vous cherchez un actif dont l’efficacité a été mesurée cliniquement, à la bonne dose : privilégiez une formule à base de kératine Cynatine® HNS à 500 mg/jour, compatible grossesse et allaitement.
  • Votre chute est particulièrement abondante : le format pipette liquide (kératine + extrait de pommier) permet une cure d’attaque et associe deux actifs complémentaires.
  • Vous souhaitez une formule 100 % végétale : orientez-vous vers une alternative vegan, en vérifiant qu’elle est bien compatible avec votre situation et en gardant à l’esprit l’absence d’étude clinique dédiée.
  • Vous allaitez : évitez systématiquement les formules à base d’ortie, de bambou, de prêle ou d’autres plantes dont la sécurité n’est pas documentée pendant l’allaitement, et demandez conseil à un professionnel de santé avant de démarrer toute cure.

Nos conseils pratiques au quotidien

En complément d’un éventuel complément alimentaire, quelques gestes simples aident à préserver le capital capillaire pendant cette période de fragilité :

  • Une alimentation adaptée, riche en biotine (céréales complètes, œufs, noix) [6], en fer (lentilles, viande rouge, épinards, à associer à de la vitamine C) [7][8], en zinc (fruits de mer, graines de courge) [11][12], en collagène [10], en vitamine D (poissons gras, jaune d’œuf) [13][14], et en magnésium et vitamine B6 pour l’équilibre hormonal (oléagineux, banane, choux de Bruxelles) [15][16].
  • Évitez les coiffures trop serrées (tresses, chignons, queues de cheval) qui tirent sur les racines.
  • Lavez et brossez vos cheveux en douceur, avec un peigne à dents larges, et choisissez un shampoing doux sans sulfates, PEG/PPG, silicones ni parabènes, idéalement à pH 5.
  • Limitez les sources de chaleur (fer à lisser, rouleaux chauds) et les traitements chimiques (décoloration, coloration agressive).
  • Privilégiez une taie d’oreiller en soie ou en satin, qui retient moins le sébum et réduit la casse.
  • Faites-vous un massage du cuir chevelu, en mouvements circulaires de la nuque vers le sommet du crâne : cette pratique augmenterait la microcirculation et l’épaisseur du cheveu [20]. Une brosse de massage en silicone peut faciliter le geste au quotidien.

Verdict : que retenir sur la perte de cheveux post-partum ?

La perte de cheveux après l’accouchement est, dans l’immense majorité des cas, un phénomène normal et temporaire lié aux bouleversements hormonaux du post-partum : elle ne traduit pas un problème de santé et se résout d’elle-même en quelques mois [1][2]. Il n’existe pas de traitement miracle capable de stopper ce mécanisme hormonal [5], mais une nutrition adaptée et un actif documenté comme la kératine Cynatine® HNS peuvent soutenir la qualité et la repousse de la fibre capillaire [21]. Sur ce marché, Hair Essentials et Mama Hair de Jolly Mama se distinguent par la combinaison rare d’un actif prouvé cliniquement et d’une compatibilité totale avec la grossesse et l’allaitement.

Attention à ne pas vous auto-complémenter : les compléments alimentaires ne sont pas anodins, peuvent interagir avec d’autres compléments, aliments ou médicaments, et ne conviennent pas nécessairement à toutes les situations. Il est préférable de demander l’avis d’un professionnel de santé avant de démarrer une cure, en particulier si vous allaitez.

Sources

[1] Piérard-Franchimont, Claudine, et Gérald E. Piérard. « Alterations in Hair Follicle Dynamics in Women ». BioMed Research International 2013 (2013): 957432. https://doi.org/10.1155/2013/957432

[2] Mirallas, Oriol, et Ramon Grimalt. « The Postpartum Telogen Effluvium Fallacy ». Skin Appendage Disorders 1, n° 4 (2016): 198-201. https://doi.org/10.1159/000445385

[3] Pringle, T. « The Relationship between Thyroxine, Oestradiol, and Postnatal Alopecia, with Relevance to Women’s Health in General ». Medical Hypotheses 55, n° 5 (2000): 445-449. https://doi.org/10.1054/mehy.2000.1087

[4] Rebora, Alfredo. « Proposing a Simpler Classification of Telogen Effluvium ». Skin Appendage Disorders 2, n° 1-2 (2016): 35-38. https://doi.org/10.1159/000446118

[5] Eastham, J. H. « Postpartum Alopecia ». The Annals of Pharmacotherapy 35, n° 2 (2001): 255-258. https://doi.org/10.1345/aph.10153

[6] Pacheco-Alvarez, Diana, R. Sergio Solórzano-Vargas, et Alfonso León Del Río. « Biotin in Metabolism and Its Relationship to Human Disease ». Archives of Medical Research 33, n° 5 (2002): 439-447. https://doi.org/10.1016/s0188-4409(02)00399-5

[7] Kantor, Jonathan, Lisa Jay Kessler, David G. Brooks, et George Cotsarelis. « Decreased Serum Ferritin Is Associated with Alopecia in Women ». The Journal of Investigative Dermatology 121, n° 5 (2003): 985-988. https://doi.org/10.1046/j.1523-1747.2003.12540.x

[8] St Pierre, Stephanie A., Gregory M. Vercellotti, Jeff C. Donovan, et Maria K. Hordinsky. « Iron Deficiency and Diffuse Nonscarring Scalp Alopecia in Women ». Journal of the American Academy of Dermatology 63, n° 6 (2010): 1070-1076. https://doi.org/10.1016/j.jaad.2009.05.054

[9] Ward, Wilfred H., et Harold P. Lundgren. « The Formation, Composition, and Properties of the Keratins ». Advances in Protein Chemistry 9 (1954): 243-297. https://doi.org/10.1016/S0065-3233(08)60208-9

[10] « The Oral Intake of Specific Bioactive Collagen Peptides Has a Positive Effect on Hair Thickness ». Nutrafoods, 2020.

[11] MacDonald, Ruth S. « The Role of Zinc in Growth and Cell Proliferation ». The Journal of Nutrition 130, n° 5 (2000): 1500S-1508S. https://doi.org/10.1093/jn/130.5.1500S

[12] Karashima, Tadashi, Daisuke Tsuruta, Takahiro Hamada, et al. « Oral Zinc Therapy for Zinc Deficiency-Related Telogen Effluvium ». Dermatologic Therapy 25, n° 2 (2012): 210-213. https://doi.org/10.1111/j.1529-8019.2012.01443.x

[13] Amor, Karrie T., Rashid M. Rashid, et Paradi Mirmirani. « Does D Matter? The Role of Vitamin D in Hair Disorders and Hair Follicle Cycling ». Dermatology Online Journal 16, n° 2 (2010): 3.

[14] Reichrath, J., M. Schilli, A. Kerber, et al. « Hair Follicle Expression of 1,25-Dihydroxyvitamin D3 Receptors during the Murine Hair Cycle ». The British Journal of Dermatology 131, n° 4 (1994): 477-482. https://doi.org/10.1111/j.1365-2133.1994.tb08547.x

[15] Pickering, Gisèle, André Mazur, Marion Trousselard, et al. « Magnesium Status and Stress: The Vicious Circle Concept Revisited ». Nutrients 12, n° 12 (2020). https://doi.org/10.3390/nu12123672

[16] De Souza, M. C., A. F. Walker, P. A. Robinson, et K. Bolland. « A Synergistic Effect of a Daily Supplement for 1 Month of 200 Mg Magnesium plus 50 Mg Vitamin B6 for the Relief of Anxiety-Related Premenstrual Symptoms ». Journal of Women’s Health & Gender-Based Medicine 9, n° 2 (2000): 131-139. https://doi.org/10.1089/152460900318623

[17] Araújo, Lidiane Advincula de, Flavia Addor, et Patrícia Maria Berardo Gonçalves Maia Campos. « Use of silicon for skin and hair care: an approach of chemical forms available and efficacy ». Anais Brasileiros de Dermatologia 91, n° 3 (2016): 331-335. https://doi.org/10.1590/abd1806-4841.20163986

[18] Bassino, Eleonora, Franco Gasparri, et Luca Munaron. « Protective Role of Nutritional Plants Containing Flavonoids in Hair Follicle Disruption: A Review ». International Journal of Molecular Sciences 21, n° 2 (2020): 523. https://doi.org/10.3390/ijms21020523

[19] Jung, E. M., F. Jung, C. Mrowietz, H. Kiesewetter, G. Pindur, et E. Wenzel. « Influence of Garlic Powder on Cutaneous Microcirculation. A Randomized Placebo-Controlled Double-Blind Cross-over Study ». Arzneimittel-Forschung 41, n° 6 (1991): 626-630.

[20] Koyama, Taro, Kazuhiro Kobayashi, Takanori Hama, Kasumi Murakami, et Rei Ogawa. « Standardized Scalp Massage Results in Increased Hair Thickness by Inducing Stretching Forces to Dermal Papilla Cells in the Subcutaneous Tissue ». Eplasty 16 (2016): e8.

[21] Beer, Christina, Simon Wood, et Robert H. Veghte. « A Clinical Trial to Investigate the Effect of Cynatine HNS on Hair and Nail Parameters ». The Scientific World Journal 2014 (2014): 641723. https://doi.org/10.1155/2014/641723

[22] Tenore, Gian Carlo, Domenico Caruso, Giuseppe Buonomo, et al. « Annurca Apple Nutraceutical Formulation Enhances Keratin Expression in a Human Model of Skin and Promotes Hair Growth and Tropism in a Randomized Clinical Trial ». Journal of Medicinal Food 21, n° 1 (2018): 90-103. https://doi.org/10.1089/jmf.2017.0016

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