Mon enfant entend-il bien ? Les signes qui doivent alerter

Il ne se retourne pas quand on l’appelle depuis la cuisine, mais il accourt au premier froissement d’un paquet de gâteaux. Distrait, têtu, dans sa bulle ? Parfois, oui. Parfois aussi, l’oreille ne transmet plus tout, et l’enfant compense si bien que personne ne s’en aperçoit avant l’entrée à l’école.

Quels signes montrent qu’un enfant entend mal ?

La perte d’audition est le déficit sensoriel le plus fréquent chez l’enfant, rappelle l’Assurance Maladie. Ses signes changent avec l’âge, et le langage reste le meilleur indicateur. L’Assurance Maladie publie des repères précis pour chaque période. Les voici, tranche d’âge par tranche d’âge :

  • de 3 à 12 mois : pas de babillage, aucune réaction à l’appel ou aux bruits forts ;
  • de 12 à 24 mois : aucun mot, une communication par gestes ;
  • de 24 à 36 mois : pas d’association de deux mots, des consignes simples mal comprises ;
  • après 3 ans : une parole absente ou incompréhensible, des difficultés d’apprentissage.

D’autres indices se glissent dans le quotidien. Un enfant qui fait souvent répéter, monte le volume des écrans ou décroche dans le bruit mérite qu’on s’y arrête.

Audition de l’enfant : qui consulter en cas de doute ?

Le médecin traitant ou le pédiatre fait un premier point, puis oriente si besoin vers un ORL. Le bilan associe un examen des tympans et une audiométrie adaptée à l’âge, avec des tests ludiques chez les plus petits.

Lorsqu’un appareillage est prescrit, le choix de l’audioprothésiste compte autant que celui de l’appareil. Réseau indépendant fondé en 2002 à Athis-Mons, Marc Boulet Audition a créé des centres pédiatriques dédiés aux enfants et aux jeunes malentendants. Les audioprothésistes qui y exercent sont titulaires d’un diplôme universitaire pédiatrique et travaillent en lien avec les services ORL pédiatriques de Paris et d’Île-de-France. Indépendants des fabricants, ils proposent des gammes d’appareils pensées pour les enfants et laissent les familles libres du choix de la marque. Le suivi est assuré pendant toute la durée de vie de l’appareillage, un point qui pèse lourd quand l’enfant grandit.

Côté budget, la famille n’est pas seule. Avant 20 ans, un appareil de classe I est plafonné à 1 400 € par oreille et entièrement remboursé.

Les otites peuvent-elles faire baisser l’audition d’un enfant ?

Oui, et c’est même une cause fréquente. Selon l’Assurance Maladie, 12 à 18 % des enfants présentent une otite séromuqueuse durable avant 5 ans, qui diminue leur audition plus ou moins longtemps.

Le liquide accumulé derrière le tympan l’empêche de vibrer normalement, ce que l’ORL vérifie par une impédancemétrie, un examen qui mesure la mobilité du tympan. Il peut ensuite proposer la pose de drains transtympaniques. Les petits accueillis en collectivité enchaînent volontiers rhumes et otites, comme le savent les parents d’enfants souvent malades à la crèche. Après des épisodes répétés, un langage qui stagne justifie d’en reparler au médecin.

Un dépistage de l’audition normal à la naissance suffit-il ?

Le dépistage néonatal est proposé en maternité après 24 heures de vie. Il repère les surdités congénitales, qui touchent 0,5 à 1,3 nouveau-né sur 1 000. Ce premier résultat ne clôt pas le sujet, car une surdité peut apparaître plus tard. L’audition est donc contrôlée aux examens de 4, 9 et 24 mois, puis aux visites scolaires de 6 et 12 ans. Ces repères ne remplacent pas l’avis d’un professionnel. Si votre enfant réagit peu aux sons ou parle moins que ceux de son âge, prenez rendez-vous avec son médecin sans attendre la prochaine visite de contrôle.

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