Premier appareil auditif : comment se passe l’appareillage ?

Des années à faire répéter, à monter le son de la télévision, à sourire sans avoir bien compris. Puis vient le jour où l’on accepte l’idée d’un appareil, et une autre question prend le relais : concrètement, par où commence-t-on ? Le parcours est balisé, et il laisse le temps d’essayer avant de payer quoi que ce soit.

Faut-il une ordonnance pour un premier appareil auditif ?

Oui, et elle ne peut pas venir de n’importe quel médecin. Au-delà de 6 ans, la première prescription est réservée aux ORL et aux médecins généralistes ayant suivi une formation en otologie médicale, précise l’Assurance Maladie.

Chez les enfants de 6 ans et moins, seul un ORL doté d’une formation complémentaire spécifique peut prescrire. C’est souvent l’aboutissement d’un parcours commencé par les signes qui doivent alerter chez l’enfant, repérés par les parents ou lors des bilans de santé. Les renouvellements sont plus simples. Tout médecin peut les prescrire au-delà de 6 ans, et la prise en charge d’un nouvel appareil intervient au plus tôt 4 ans après la facturation du précédent.

Que se passe-t-il au premier rendez-vous chez l’audioprothésiste ?

La première séance ressemble davantage à un entretien qu’à une vente. L’audioprothésiste évalue la gêne ressentie, les besoins et les antécédents, examine les conduits auditifs, puis mesure l’audition, la tolérance aux sons forts et la compréhension de la parole.

Il remet ensuite un devis normalisé, un document au format imposé qui sépare le prix de l’appareil et celui des prestations d’adaptation. Il doit y proposer deux appareils de classe I, ceux du 100 % Santé, pour chaque oreille à appareiller. Rien n’oblige à choisir ces modèles, les appareils de classe II restant accessibles avec un reste à charge variable selon la mutuelle. Le détail des montants et des plafonds est expliqué dans notre article sur le remboursement des appareils auditifs.

Combien de temps dure l’essai d’un premier appareil auditif ?

Avant tout achat, le professionnel doit proposer un essai d’au moins 30 jours. D’après l’Institut national de la consommation, le médecin peut demander que cette période soit portée à 45 jours pour certaines solutions thérapeutiques. Pendant l’essai, l’audioprothésiste procède aux préréglages et aux ajustements anatomiques. Si l’appareil ne convient pas, vous pouvez demander une nouvelle période d’adaptation avec un autre modèle, et un compte-rendu est adressé au prescripteur et au médecin traitant dans les 7 jours.

L’achat n’intervient qu’à la fin de cette période. Présentez votre carte Vitale au moment de la délivrance, elle permet de bénéficier du tiers payant et d’éviter l’avance de frais.

Quel suivi après l’achat d’un premier appareil auditif ?

Le réglage d’un appareil s’affine sur plusieurs mois, par petites touches, le temps de se réhabituer à des sons qu’on n’entendait plus. Le suivi est inclus dans le prix d’achat, et l’Assurance Maladie en fixe le cadre :

  • 3 séances de contrôle la première année, au 3e, au 6e et au 12e mois après l’achat ;
  • 2 consultations par an recommandées à partir de la deuxième année ;
  • 4 ans de garantie pour les appareils de classe I ;
  • 950 € maximum par oreille pour un appareil de classe I à partir de 20 ans, 1 400 € avant 20 ans, sans reste à charge ;
  • 4 ans minimum entre deux prises en charge.

Ces rendez-vous servent à affiner les réglages, vérifier l’usage réel grâce au journal d’utilisation de l’appareil et assurer son entretien. Les sauter revient souvent à garder un appareil mal réglé, que l’on finit par laisser dans un tiroir. Ces informations ne remplacent pas l’avis d’un médecin. Une baisse d’audition brutale, une douleur d’oreille ou des sifflements qui s’installent justifient une consultation rapide, avant même de penser à l’appareillage.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Are you human? Please solve:Captcha